AOC Côtes de Toul - Une appellation bimillenaire

Implanté par les Romains le long de la Moselle, le vignoble des Côtes de Toul s’est développé fortement sous l’influence des Evêques de Toul et des Ducs de Lorraine. Le plus connu d’entre eux, Stanislas Leszczynski, Rois de Pologne, participa activement à son rayonnement en Europe. Privatisé avec la Révolution, le vignoble continue son ascension avec une répartition des rôles entre les vignerons producteurs de raisins et les négociants-vinificateurs qui se chargent de la commercialisation, notamment vers les marchés champenois et ceux de l’armée très présente en Lorraine.

 

En 1860,  on compte alors près de 50.000 Ha en Lorraine dont 38.000 dans le département de la Meurthe. Le vignoble est à son apogée et, à partir de 1870, il amorce son déclin.

En l’espace de 70 ans, il est touché conjointement et successivement par l’arrivée de l’épidémie du phylloxera dans le Nord de l’Europe, les guerres franco-allemande de 1870, de 1914 et de 1939, le développement de l’industrie minière dans le Nord de la Région qui aspire littéralement toute la main d’œuvre disponible en Europe (dont les vignerons tacherons des Côtes de Toul), l’arrivée, par le chemin de fer, de vins ensoleillés du Sud de la France et la fermeture du marché champenois par la création des prémices de l’AOC Champagne.

En 1951, le vignoble des Côtes de Toul passe à côté de sa destruction grâce à une poignée de vignerons emmenés par André Piquot, député-maire de Lucey. Avec ses collègues ils protègent les 30 hectares de vigne restant sur le territoire grâce à la création d’un Appellation d’Origine VDQS Côtes de Toul. Cette première étape redirigera le vignoble sur une pente de croissance.

Pendant les Trente Glorieuses, le marché absorbe toute la production des Côtes de Toul et les vignes sont replantées, gagnant ainsi de l’espace sur la foret et sur les cultures de petits fruits (groseilles, cassis,…) qui avaient été mises en place par les agriculteurs. A partir des années 1980, un virage qualitatif est pris alors les vignerons se réapproprient la fonction de vinification délaissée par les négociants (les Ets. CORDIER quittent Toul en 198X et rachètent le Château Talbot, Grand Cru Classé dans le Médoc).

En 1998, après 15 ans de travail effectués en commun par les vignerons, le vignoble est classé en AOC par Lionel Jospin, Premier Ministre de l’époque. L’effort qualitatif est maintenu après l’obtention de l’AOC afin de satisfaire toujours plus les consommateurs et obtenir de la profession une reconnaissance bien méritée.

 

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